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Vicente Moreno et son collaborateur ont été remis en liberté provisoire, pour le scandale des visas à Alger

Un nouveau scandale secoue la diplomatie espagnole en Algérie. L’Audience nationale – équivalent de : Cour Nationale de Justice Espagnolea ouvert une enquête judiciaire visant Vicente Moreno, l’ancien numéro deux (chancelier) du consulat d’Espagne à Alger. Il est soupçonné d’être au cœur d’un réseau de délivrance irrégulière de visas pour l’entrée dans l’espace Schengen.

Vicente Moreno et son collaborateur ont été remis en liberté provisoire, pour le scandale des visas à Alger

Selon les informations rapportées initialement par le journal El País et confirmées par plusieurs sources juridiques, l’affaire porte sur de graves irrégularités commises au sein de la représentation diplomatique espagnole dans la capitale algérienne. Les magistrats cherchent à déterminer si des visas ont été accordés en échange de pots-de-vin, contournant ainsi toutes les procédures légales établies.

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Détails de l’opération et arrestations

L’enquête, pilotée par la juge María Tardón du Tribunal central d’instruction n°3, a franchi une étape décisive vendredi dernier. L’Unité de lutte contre la délinquance économique et fiscale (UDEF) de la police nationale a procédé à l’arrestation de Vicente Moreno, ex-chancelier du consulat, ainsi que d’un employé de nationalité algérienne.

Les arrestations ont eu lieu alors que les deux suspects se trouvaient sur le territoire espagnol. Des perquisitions simultanées ont été menées à :

  • Sagunto (Valence) ;
  • Torrevieja (Alicante).

Selon les révélations de The Objective, le réseau exigeait des sommes exorbitantes pouvant aller jusqu’à 25 000 euros par famille pour garantir l’obtention du précieux sésame.

Un système de corruption et de blanchiment

L’enquête ne se limite pas à la simple fraude documentaire. Les suspects sont visés par plusieurs chefs d’accusation graves :

  1. Organisation criminelle ;
  2. Corruption (cohecho) ;
  3. Aide à l’immigration illégale ;
  4. Blanchiment de capitaux.

Les fonds générés par ce trafic auraient été réintroduits dans le circuit légal en Espagne. L’une des méthodes de blanchiment identifiées par les enquêteurs consistait en l’achat massif de véhicules. Des sommes importantes d’argent liquide ainsi que du matériel informatique ont été saisis lors des opérations policières pour retracer l’intégralité des flux financiers.

Le contexte d’une « forteresse » administrative

Pour comprendre comment de telles sommes ont pu être exigées, il faut rappeler l’extrême difficulté que rencontrent les Algériens pour obtenir un visa Schengen. Depuis plusieurs années, le processus est devenu un véritable parcours du combattant, marqué par :

  • La pénurie de rendez-vous : Les créneaux sur les plateformes de prestataires (comme BLS International pour l’Espagne) sont quasi-inexistants, souvent captés par des « intermédiaires » informatiques qui les revendent au prix fort.
  • Un taux de refus record : L’Algérie figure régulièrement parmi les pays ayant les taux de refus de visa les plus élevés de la part des consulats européens, une situation souvent perçue comme une forme de pression politique ou migratoire.
  • La complexité bureaucratique : L’exigence de dossiers pléthoriques et la multiplication des justificatifs financiers créent un sentiment d’exclusion.

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Cette « configuration de la rareté » a créé un terreau fertile pour la corruption, transformant un droit au voyage en une marchandise de luxe accessible uniquement via des réseaux occultes au sein même des chancelleries.

Un historique de soupçons

Ce n’est pas la première fois que la gestion de Vicente Moreno attire l’attention. Déjà fin 2025, le ministère des Affaires étrangères, dirigé par José Manuel Albares, avait ouvert une enquête interne sur des « signatures irrégulières » et des refus de visas suspects. Des documents auraient été signés au nom de l’ancienne consule, Miriam de Andrés, alors qu’elle n’était plus en poste.

Le consulat d’Espagne à Alger est un point névralgique. Le ministère de la Justice a ordonné la saisie des communications internes et des dossiers administratifs pour identifier d’éventuels complices au sein de la légation ou parmi des intermédiaires locaux.

Impact diplomatique et institutionnel

Cette affaire éclate à un moment particulièrement délicat pour Madrid et Alger. Alors que les deux pays tentent de stabiliser leurs relations après la crise liée au Sahara occidental, l’implication du numéro deux d’un consulat dans un réseau criminel jette une ombre sur la gestion consulaire espagnole en Afrique du Nord.

Bien que l’enquête soit de nature judiciaire, elle révèle des failles de sécurité majeures dans le système de délivrance des visas Schengen, permettant à des individus d’entrer légalement dans 29 pays européens via un canal corrompu.

État actuel de la procédure

Après avoir comparu par vidéoconférence devant la juge María Tardón, Vicente Moreno et son collaborateur ont été remis en liberté provisoire sous mesures cautelaires. L’instruction se poursuit pour déterminer si ce « système stable » de corruption a bénéficié d’autres soutiens au sein de l’administration diplomatique.

Source inspirée par : El País / The Objective / La Gaceta / Democrata.es

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Auteur/autrice

argotheme@yahoo.fr

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