
L’affaire commence le 29 mai 2018, lorsque les gardes-côtes et les douanes algériennes interceptent au large du port d’Oran le cargo Vega Mercury en provenance du Brésil. A son bord, dissimulé dans un conteneur de viande congelée, 701 kilos de cocaïne pure sont découverts. La plus grosse saisie jamais enregistrée en Algérie avait été rendue possible suite à un signalement des autorités espagnoles.
Notre vision du retour de cette affaire devant le tribunal de Dar-El-Beïda est à la fois alerte et critique. La juridiction fait face à des obstacles techniques et juridiques qui pourraient faire basculer le verdict. Alors le scénario d’une quête de crédibilité de la justice du pays est perçue comme seule motivation de cette réactivation.
Voilà huit ans, la grande affaire de trafic de drogues connue sous le nom de « scandale El-Boucher », liée à l’importation de 7 quintaux de cocaïne à bord du navire « MSC Amalfi », dissimulés dans une cargaison de viande congelée et fraîche en provenance du Brési. Découverte au port d’Oran à la fin du mois de mai 2018, sur indication de la police espagnole.
Les réseaux sociaux du Web et les caméras dénoncent la délinquance.
Cette réouverture intervient dans un contexte politique particulier, ravivant les tensions autour de l’indépendance de la justice. L’audience, qui devait se tenir le dimanche du 15 juin 2025, devant la chambre criminelle du tribunal de Dar El Beïda, a été renvoyée à la prochaine session criminelle à la demande des avocats de la défense.
Pour beaucoup d’observateurs, ce procès est un test majeur pour l’institution judiciaire, huit ans après les faits qui avaient ébranlé l’état-major et l’administration publique en 2018.
Huit ans après le séisme politique et judiciaire provoqué par la saisie record de cocaïne au port d’Oran, le tribunal criminel qui rouvre ce dimanche 11 janvier 2026 l’un des dossiers les plus polémiques de la décennie, ne saurait être fortuite. Au centre des débats : Kamel Chikhi, alias « El Bouchi », et des ramifications touchant les plus hautes sphères de l’État, incluant le nom de Khaled Tebboune.
Le retour d’un dossier que l’on croyait « Enterré »
C’est un coup de théâtre dans le paysage judiciaire algérien. Alors que l’opinion publique pensait le dossier définitivement clos suite aux différents jugements et à la libération de certains prévenus, la justice a décidé de relancer l’instruction pour six accusés clés.
Mais est-ce aussi, une vraie clôture juridique qui débute avec le nouvel an ? Et les flôts qui ont coulé sous les ponts depuis…
Le Risque de Prescription : Avec huit ans de procédure, les avocats pourraient plaider l’extinction de l’action publique pour certains délits connexes (corruption, abus de fonction) dont les délais de prescription sont plus courts que le trafic de stupéfiants.
L’absence des témoins clés : Le procès a été reporté à plusieurs reprises faute de témoins essentiels (membres de l’équipage du Vega Mercury, agents portuaires). Leurs dépositions en 2026 seront-elles cohérentes avec celles de 2018 ?
L’accès aux pièces à conviction : La défense de Kamel Chikhi réclame toujours des documents originaux, notamment le premier procès-verbal de l’enquête d’Oran, dénonçant des « pièces manquantes » dans le dossier d’accusation.
La preuve de la « Destination Finale » : Les commissions rogatoires envoyées au Brésil et en Espagne ont-elles apporté la preuve irréfutable que la drogue appartenait à Chikhi ou a-t-il été victime d’une « contamination » de conteneur, comme il le prétend ?
