Les grands pays agricoles en raffolent, alors la demande mondiale des engrais est tirée par les puissances productrices qui ne disposent pas suffisamment de cet intrant pour maintenir leurs rendements. La nourriture de l’humanité ne peut s’en passer, quoique penseront les adeptes des produits dits bios. Les phosphates extraits des sols restent, jusqu’à leur épuisement comme les autres minerais, une solution.

L’Algérie mise sur la transformation chimique locale, des phosphates, pour négocier des engrais, le fertilisant P2O5, sous forme de produits finis, à partir des gisements de l’est du pays. L’ambition est de passer du statut d’exportateur de roche brute à celui d’exportateur majeur pour une haute valeur ajoutée, vise à exploiter les dispositions de troisième du marché mondial, défiant ainsi ses concurrents directs.
Les rivaux directs sont de la région, à savoir le Maroc, l’Égypte et la Tunisie. Les ressources du sous-sol algérien dans ce secteur sont bien connues. L’investissement colossal de 6 milliards de dollars à Bled El Hadba, à l’extrême sud de Tébessa, illustre cette capacité à puiser des quantités que la démagogie des responsables qui ont succédé à Bouteflika en 2020, adorent exalter la grandeur.
A ce jour, aucun engagement formel n’a été pris entre Alger et Jakarta qui se présente comme nouveau partenaire, après que le projet ait parcouru moult péripéties. La fréquence des échanges de données réguliers pourrait rapidement déboucher sur des accords majeurs et très lucratifs, compte tenu de la forte demande mondiale d’engrais et les rapprochements des deux acteurs.
L’exportation du rond à béton d’Algerie vers les États-Unis taxée à plus 127 %.
Initialement lancé avec des géants chinois (Wuhuan et Tian’an), le projet a changé de mains. Changeant de partenaire asiatique, en novembre 2024, l’Algérie a accéléré l’exploitation du gisement de Bled El Hadba avec des compétences nationales de Sonatrach et Sonarem). Et reste ouverte à des partenariats technologiques, notamment avec le groupe chinois Asia-Potash qui a soumis un projet de 1,6 milliard $ en septembre 2025.
« Pupuk Indonesia » arrive avec le désire de diversifier ses sources d’approvisionnement, afin de soutenir le développement agricole qui est sous grand dynamisme. Tandis que l’Algérie cherche à renforcer son secteur minier par le biais de partenariats, à l’instar de son récent accord avec le Pakistan dont l’entreprise « Fatima Fertilizers », pour la mine de Bir El Ater, qui recèle, selon d’anciennes prospections, près de 850 millions de tonnes d’engrais.
L’Algérie détient des réserves appréciables de phosphate, estimées, depuis bien des décennies, à deux milliards de tonnes, dont 2,2 milliards de tonnes de P₂O₅. Ces stocks souterrains restent largement sous-exploités. Ce qui une offre potentielle considérable aux grands acteurs mondiaux tels que l’Indonésie, à l’instar de l’investissement de 8 milliards de dollars récemment réalisé à Alger par un autre géant asiatique, la Malaisie.
Le déficit commercial se creuse, cinglant démenti aux officiels.
L’Inde dépend à plus de 80-90 % de l’importation pour ses besoins en engrais phosphatés.
Le Brésil, géant de l’agro-industrie (soja, maïs), importe pour compenser l’acidité de ses sols tropicaux.
L’UE (L’Union Européenne) considère l’engrais phosphaté en « matière première critique » a sa consommation stabilisée et dépend de ses principaux fournisseurs le Maroc et la Russie.
L’Asie du Sud-Est (Indonésie, Vietnam, Pakistan) avec une croissance démographique rapide vit avec une intensification des cultures rizicoles.
Il convient de préciser les deux parties qui discutent encore. Du côté algérien, l’accord engage Somiphos, filiale de Sonatrach spécialisée dans les phosphates. C’est la société publique qui exploite le complexe de Djebel El-Onk dans la wilaya de Tébessa. Ce site est d’une capacité de production annuelle d’environ deux millions de tonnes. Elle s’associe à Pupuk Indonesia, premier producteur d’engrais de la région Asie-Pacifique, dont la capacité annuelle s’élève à 14,6 millions de tonnes.



