Analyse de la Loi de Finances 2026 d’Algérie : continuité sociale et obligations budgétaires

Budget 2026 pour algérie, une loi de finances qui matient le cap

L’examen préliminaire de la Loi de Finances (LF) 2026 révèle une stratégie claire : la poursuite des grands chantiers d’infrastructures et le maintien de la stabilité sociale comme priorités absolues. Toutefois, le gouvernement semble encore peiner à démontrer l’efficacité réelle de ses réformes structurelles.

Stabilité sociale et refus de l’austérité

D’emblée, il est notable que l’exécutif a choisi de ne pas introduire de nouvelles taxes pesant directement sur le pouvoir d’achat des ménages. En maintenant les subventions alimentaires et énergétiques, ainsi que les transferts sociaux, l’État réaffirme son rôle protecteur.

En conservant des objectifs de croissance dépendants de l’expansion industrielle et de l’investissement public, ce budget ne marque pas de rupture avec l’orientation économique adoptée depuis 2019. L’augmentation de l’allocation chômage, passée de 112 USD à environ 134 USD pour plus de 2,3 millions de bénéficiaires, illustre cette volonté de maintenir la paix sociale auprès d’une jeunesse en quête de perspectives.

Le déficit commercial se creuse, cinglant démenti aux officiels.

Parallèlement, le soutien à l’emploi bénéficie d’une enveloppe de 3,3 milliards de dollars, soit plus de la moitié du budget du ministère du Travail. Cependant, une part prépondérante de ces fonds reste siphonnée par le financement passif des allocations chômage plutôt que par la création d’emplois productifs.

Répartition budgétaire : La prédominance des secteurs régaliens

La ventilation des finances publiques pour 2026 confirme la pérennité des équilibres traditionnels :

  • Éducation : 13,8 milliards USD.
  • Intérieur et Transports : 11,4 milliards USD.
  • Défense Nationale : 23,8 milliards USD.
  • Finances (Gestion administrative et dotations) : 25,2 milliards USD.

Ces investissements soutiennent des prévisions macroéconomiques optimistes, tablant sur une croissance du PIB de 4,1 % et un essor industriel de 6,3 %.

L’exportation du rond à béton d’Algerie vers les États-Unis taxée à plus 127 %.

L’ambition ferroviaire et le désenclavement du Sud

Le volet « équipement » accorde une place prépondérante au rail avec 3,2 milliards de dollars. L’enjeu est stratégique :

  1. Ligne Béchar–Tindouf (950 km) : Prévue pour début janvier 2026, elle permettra l’évacuation du minerai de fer de Gara Djebilet.
  2. Ligne Bled El Hadba–Annaba (450 km) : Dédiée au transport du phosphate.
  3. Transsaharienne ferroviaire : L’extension vers Tamanrasset et Adrar, avec des projections vers le Niger et le Mali, vise à transformer l’Algérie en hub logistique régional tout en sécurisant les frontières sud.

Le secteur de l’eau, vital pour la sécurité alimentaire et industrielle, reçoit également une enveloppe conséquente de 3,9 milliards de dollars.

L’industrie minière en Algérie redynamisée, mais l’étape historique n’est pas favorable !

Un déficit abyssal sous perfusion pétrolière

Le budget 2026 repose sur un prix de référence du baril à 65 USD. Les prévisions sont les suivantes :

  • Recettes totales : 59,5 milliards USD (dont 20 milliards de fiscalité pétrolière).
  • Dépenses plafonnées : 131 milliards USD.
  • Déficit budgétaire prévisionnel : 71,5 milliards USD.

Toutefois, en tenant compte d’un taux d’exécution habituel de 70 %, le solde global devrait afficher un déficit réel de 38,6 milliards de dollars.

Publiée au Journal Officiel le mercredi 31 décembre 2025, la LF 2026 consacre le rail et le social comme les deux piliers de l’action publique. Si l’ambition infrastructurelle est réelle, l’ampleur du déficit interroge sur la viabilité à long terme de ce modèle sans une diversification accélérée des revenus hors hydrocarbures.

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