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L’exportation du rond à béton d’Algerie vers les États-Unis taxée à plus 127 %.

Illustration réalisée par ARGOTHEME avec aide d’IA gemini.

Le département américain du Commerce a rendu, ce mercredi 17 décembre 2025, une décision préliminaire frappant le rond à béton originaire d’Algérie de droits de douane massifs. Cette mesure fait suite à une plainte pour « dumping » déposée par des géants de l’acier américain, dont Commercial Metals Company (CMC).

Nouveau coup de tonnerre pour les exportateurs sidérurgiques algériens. L’administration américaine vient de franchir une étape décisive dans l’enquête ouverte en juin dernier concernant les importations de rond à béton (acier de construction). Selon les conclusions préliminaires du département du Commerce, les produits algériens auraient été vendus sur le marché américain à des prix inférieurs à leur valeur réelle, une pratique qualifiée de « dumping ».

Nous avons publié un article en rapport avec ce thème : L’industrie minière redynamisée, mais l’étape historique n’est pas favorable.

Une taxe de 127 % applicable immédiatement

En conséquence de cette décision, une marge antidumping de 127,32 % sera appliquée dès maintenant à toutes les entrées de rond à béton algérien sur le territoire des États-Unis. Cette mesure touche de plein fouet le fleuron de l’industrie nationale, Tosyali Algérie (entreprise en association avec Le géant turc de la sidérurgie du même nom/label), cité explicitement dans le dossier comme le principal répondant.

Le département du Commerce a précisé que ce taux élevé a été retenu en partie à cause d’un manque de coopération technique lors de la fourniture de certaines informations requises, poussant les autorités américaines à utiliser les « faits disponibles » les plus défavorables.

La satisfaction des aciéristes américains

De l’autre côté de l’Atlantique, la décision a été accueillie avec enthousiasme. Peter Matt, PDG de Commercial Metals Company (CMC), l’un des leaders du secteur aux USA, s’est félicité de ce verdict : « Ce jugement aide à protéger les sidérurgistes locaux et les milliers de travailleurs américains contre les pratiques déloyales que les producteurs algériens affichent depuis des années », a-t-il déclaré.

Les industries extractives en Algérie, un crime écologique à ciel ouvert.

Pour CMC et les autres membres de la Rebar Trade Action Coalition, l’afflux d’acier algérien à bas prix représentait une menace directe pour la stabilité des prix et la rentabilité des usines domestiques.

Quels enjeux pour l’Algérie ?

Cette annonce intervient dans un contexte où l’Algérie mise énormément sur ses exportations hors hydrocarbures, le secteur de la sidérurgie étant le fer de lance de cette stratégie. Après avoir réussi une percée historique sur le marché américain ces dernières années (avec des volumes dépassant les 440 000 tonnes en 2023), l’industrie algérienne se retrouve face à une barrière protectionniste majeure.

Prochaines étapes :

  • Janvier 2026 : Une autre décision préliminaire est attendue, cette fois concernant les subventions gouvernementales (droits compensateurs).
  • Sous 75 jours : Le département du Commerce rendra sa détermination finale, qui pourrait confirmer, ajuster ou annuler ce taux de 127 %.

Pour les observateurs locaux, le défi sera de taille pour Tosyali et les autorités commerciales algériennes afin de contester ces chiffres lors de la phase finale de l’enquête. Si cette taxe est maintenue, le rond à béton « Made in Algeria » deviendrait de facto inabordable sur le marché américain, forçant les producteurs nationaux à redéployer leurs stocks vers d’autres marchés régionaux ou africains.


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