
Les relations entre l’Algérie et la France traversent une zone de turbulences sans précédent. Arrive donc une récente émission de télévision française qui ravive les plaies de la mémoire coloniale. Alger perçoit une atteinte frontale à sa souveraineté. Entre la rhétorique incisive de la droite au pouvoir à Paris et la fébrilité des institutions algériennes. Ces dernières se démènent de l’ère des « maquisards » et adoptent le point de non-retour. Cette confrontation médiatique et politique qui interroge la solidité de l’État algérien soixante ans après son indépendance. De quoi l’analyser !
L’écran de la discorde : Une souveraineté à l’épreuve
Lorsqu’une émission de la télévision française parvient à déstabiliser les cercles décisionnels d’Alger, au point d’exacerber des tensions déjà vives avec l’ancienne métropole, une question de fond surgit : quelle est la véritable solidité des institutions algériennes ? Soixante ans après le recouvrement de sa souveraineté, le pays semble encore se débattre avec les spectres de la sécularisation et de la légitimité étatique.
Conférence en Algérie sur les crimes du colonialisme en Afrique.
Pour les Algériens, l’existence d’un État structuré — avec ses codes, son économie et ses symboles — bien avant l’obscurité coloniale est une vérité historique indéniable. Dès lors, nier cette réalité n’est plus un simple débat d’historiens, mais une agression contre la dignité nationale. Pourtant, la virulence de la réaction officielle face à ces attaques extérieures trahit, en creux, une inquiétante fragilité.
Le point de non-retour : Entre hégémonie et ressentiment
Le « point de non-retour » n’est plus une figure de style médiatique, mais une réalité diplomatique brutale. Cette confrontation traduit une incapacité chronique à bâtir des relations équilibrées. Entre griefs coloniaux non résolus et provocations délibérées, Paris semble incapable de se départir de son prisme hégémonique. L’Algérie n’est pas traitée comme un partenaire égal, mais comme une entité sous influence, prisonnière d’un héritage douloureux que la France persiste à manipuler.
Une déchirante mémoire dans l’arène des clans.
Cette dualité du discours français — des promesses de partenariat contredites par des fuites hostiles — alimente une méfiance réciproque. À Paris, la montée en puissance d’une droite identitaire, portée par des figures comme Bruno Retailleau, utilise une rhétorique incendiaire pour maintenir la pression sur Alger, sans toutefois assumer la rupture diplomatique totale.
Fébrilité et fin de règne : Le crépuscule des maquisards
Le ministère algérien des Affaires étrangères a qualifié le documentaire « Complément d’enquête » d’attaque manifeste contre les symboles de l’État, allant jusqu’à pointer la responsabilité directe de l’ambassadeur de France. Cette réaction épidermique témoigne d’une fébrilité manifeste des autorités actuelles.
Nous assistons au crépuscule d’une ère : celle des derniers acteurs du maquis. L’avènement d’une transition, souvent qualifiée de « seconde république », se fait dans la douleur. Elle cherche à s’affranchir d’un « tutorat historique » exercé par un sérail issu du maquis, souvent perçu comme déconnecté des réalités modernes, et dont la gestion — marquée par l’incompétence et la corruption — semble aujourd’hui atteindre ses limites structurelles.



