Alors que les décideurs algériens se régalent, en applaudissant les discours du premier dirigeant, A. Tebboune, galvaudant les prouesses tous azimuts. Car la réalité inéluctable revient au-devant aussi prompte que véridique.
La balance commerciale replonge vers le bas, à la veille de la clôture de l’exercice 2025, justement quand les vociférations des maîtres d’Alger redoublent d’échos et augmentent leurs décibels.
Pour la première fois depuis 2021, le commerce extérieur algérien affiche un déficit qui se creuse plus que d’habitude. Les importations explosent avec une croissance de +28,4 % et en contrepartie les exportations reculent de -8,5 %. Chacune de ces données fait sensation dans un cinglant démenti fourni par l’ONS (Office National des Statistiques) diffusé mi-novembre dernier.
LE PROJET LAITIER « baladna » aidé par un pertenaire allemand.
Le dilemme central et multi-décennal de l’économie algérienne persiste, alors que le slogan de l’après-pétrole date de la décisive décennie 1980. La dépendance chronique aux hydrocarbures face à une forte demande intérieure établit un paradoxe auquel les anciens maquisards qui ont monopolisé le pouvoir n’ont pas répondu.
Le personnel des anciens moudjahidine a transmis, en patate surchauffée, aux bureaucrates qui les ont servis, contre les compétences et l’intelligence que recèle le peuple, pour leurs succéder en héritiers adultérins, reste ancré en « médiocratie », sans engager un réel développement du pays et en semant la pire autocratie avec de serviles juges et de rentiers journalistes.
Malgré une progression des exportations hors hydrocarbures (+11,8 % en volume), la dépendance aux ressources énergétiques reste très forte. Les échanges dégradent leur déficit passant de 131,4 % à 125,3 %, en termes de revenus. Ce qui révèle aussi de la vulnérabilité criarde qui a pour origine les fluctuations des prix du pétrole et du gaz.
Les conditions sociales de la population sont impactées directement par ce déficit commercial. Mais il est inévitablement financé par les réserves de change, en l’absence d’emprunt dont se targuent les autorités.
Et comme la carence budgétaire est élevée, les conséquences directes sur la gestion des affaires publiques, en direction des citoyens, deviennent plus lourdes. Une situation qui fait que les efforts de l’État, pour amortir ce choc, sont plus conséquents.
Les hydrocarbures subissent le recul des prix de l’ordre de -8,2 %. Et la production, en dépit des investissements lancés dernièrement avec divers partenaires d’Italie, des USA et du Qatar, reste en volume restreint de -2,1 %.
L’effort hors hydrocarbures marque le pas, mais reste embryonnaire au regard du fanfaron discours, confronté à la dynamique, moins encourageante avec +8,6 % en volume, portée par les machines qui ne sont pas importées les matières brutes exportées. Le potentiel énorme de l’agriculture, par manque de maîtrise des technologies productives, est paradoxalement encore sous-exploité.
La relance durable passe obligatoirement par l’accélération de la diversification économique hors-hydrocarbures, en s’appuyant sur :
- L’Agriculture et l’Agroalimentaire : Sécurité alimentaire, développement de l’agriculture saharienne, et potentiel d’exportation de produits comme les dattes et les engrais.
- L’Industrie : Développement des filières manufacturières, notamment la sidérurgie, l’industrie chimique (engrais) et les matériaux de construction (ciment), où des progrès en matière d’exportations ont été observés.
- L’Économie de la Connaissance et le Numérique : Valorisation de la population jeune et diplômée par l’innovation, la R&D, et la digitalisation de l’économie pour accroître la productivité.
- Le Tourisme et les Services : Potentiel inexploité pour générer des devises fortes.




