{"id":900,"date":"2026-04-25T11:14:48","date_gmt":"2026-04-25T11:14:48","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rahba.argotheme.com\/?p=900"},"modified":"2026-04-25T11:14:50","modified_gmt":"2026-04-25T11:14:50","slug":"fmi-croissance-algerie-3-8-pourcent-2026","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.rahba.argotheme.com\/index.php\/2026\/04\/25\/fmi-croissance-algerie-3-8-pourcent-2026\/","title":{"rendered":"FMI rel\u00e8ve \u00e0 3,8% la croissance de l\u2019Alg\u00e9rie en 2026 : une rente de guerre, pas\u00a0un fruit d&rsquo;efforts de r\u00e9elle \u00e9mergence"},"content":{"rendered":"<figure class=\"wp-block-post-featured-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"572\" src=\"https:\/\/www.rahba.argotheme.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/croissance-de-3.webp\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"Le FMI a relev\u00e9 sa pr\u00e9vision de croissance \u00e0 3,8 % pour l\u2019Alg\u00e9rie en 2026. Une hausse essentiellement due \u00e0 la rente p\u00e9troli\u00e8re li\u00e9e \u00e0 la guerre au Moyen-Orient\" style=\"object-fit:cover;\" srcset=\"https:\/\/www.rahba.argotheme.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/croissance-de-3.webp 1024w, https:\/\/www.rahba.argotheme.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/croissance-de-3-300x168.webp 300w, https:\/\/www.rahba.argotheme.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/croissance-de-3-768x429.webp 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n<p style=\"text-align: center;\"><em><strong>Embellie conjoncturelle due \u00e0 la guerre au Moyen-Orient de laquelle advient la hausse du prix du baril du p\u00e9trole. Les jeunes Alg\u00e9riens, confront\u00e9s \u00e0 un ch\u00f4mage structurel \u00e9lev\u00e9 et \u00e0 un manque criant de perspectives, m\u00e9ritent mieux qu\u2019une croissance dop\u00e9e par des guerres lointaines. Faute d\u2019une utilisation strat\u00e9gique de cette ardeur budg\u00e9taire, l\u2019Alg\u00e9rie risque de reproduire le cycle classique : flamb\u00e9e des recettes engendrant une augmentation des d\u00e9penses courantes et des importations. Puis le retour des tensions budg\u00e9taires d\u00e8s que les prix, de l&rsquo;\u00e9nergie dans le march\u00e9 mondial, baissent.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>La nouvelle est tomb\u00e9e comme un r\u00e9pit dans la tour<figure class=\"wp-block-post-featured-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"572\" src=\"https:\/\/www.rahba.argotheme.com\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/croissance-de-3.webp\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"Le FMI a relev\u00e9 sa pr\u00e9vision de croissance \u00e0 3,8 % pour l\u2019Alg\u00e9rie en 2026. 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L&rsquo;\u00e9conomie alg\u00e9rienne devrait maintenir sa dynamique positive, avec une croissance atteignant 3,8% en 2026, contre 2,9% pr\u00e9vus en octobre 2025, soit une r\u00e9vision \u00e0 la hausse de 0,9 point de pourcentage. Une r\u00e9vision spectaculaire que les d\u00e9cideurs alg\u00e9riens se sont empress\u00e9s d&rsquo;agiter comme un troph\u00e9e. Pourtant, derri\u00e8re les communiqu\u00e9s triomphalistes, la lecture fine des chiffres r\u00e9v\u00e8le une r\u00e9alit\u00e9 bien plus prosa\u00efque, et nettement moins flatteuse pour la grandiloquente vision officielle.<\/p>\n<h5 class=\"title bread-title\" style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.rahba.argotheme.com\/index.php\/2026\/04\/09\/lacier-algerien-sous-le-feu-des-projecteurs-a-washington-enquete-qui-questione-protectionnisme-ou-dumping\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">L\u2019acier alg\u00e9rien sous le feu des projecteurs \u00e0 Washington, enqu\u00eate qui questione : protectionnisme ou dumping ?<\/a><\/h5>\n<p><strong>Un satisfecit qui doit (presque) tout \u00e0 la guerre au Moyen-Orient<\/strong><\/p>\n<p>Que les choses soient dites sans d\u00e9tour : si Alger affiche aujourd&rsquo;hui une trajectoire \u00e0 contre-courant, c&rsquo;est d&rsquo;abord parce que la croissance mondiale devrait ralentir \u00e0 3,1% en 2026, le conflit au Moyen-Orient ayant frein\u00e9 la dynamique pr\u00e9c\u00e9dente. Or ce m\u00eame conflit, qui plombe la plan\u00e8te, gonfle m\u00e9caniquement les recettes p\u00e9troli\u00e8res et gazi\u00e8res des producteurs. Cette progression repose, selon les indicateurs du FMI, \u00e0 la fois sur la bonne tenue du secteur des hydrocarbures port\u00e9 par la demande internationale de gaz naturel et sur une mont\u00e9e progressive des activit\u00e9s hors hydrocarbures, notamment dans les industries mini\u00e8res et manufacturi\u00e8res.<\/p>\n<p>Autrement dit, la \u00ab performance remarquable \u00bb salu\u00e9e par les institutions internationales tient en grande partie \u00e0 une rente g\u00e9opolitique exog\u00e8ne, et non \u00e0 un v\u00e9ritable retournement du mod\u00e8le productif national. Les hydrocarbures repr\u00e9sentent toujours environ 40 % du PIB, 90 % des exportations et un tiers des recettes budg\u00e9taires. Le pays reste donc structurellement \u00e0 la merci des humeurs des march\u00e9s \u00e9nerg\u00e9tiques.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;\u00e9cart embarrassant entre la pr\u00e9vision officielle et celle du FMI<\/strong><\/p>\n<p>L\u00e0 o\u00f9 le b\u00e2t blesse, c&rsquo;est dans le d\u00e9calage de plus en plus visible entre les ambitions claironn\u00e9es par l&rsquo;ex\u00e9cutif et les projections \u2014 pourtant d\u00e9j\u00e0 optimistes \u2014 des bailleurs internationaux. La derni\u00e8re loi de Finances table sur une croissance de 4,1 % pour 2026, affichant ainsi un niveau d&rsquo;optimisme sup\u00e9rieur \u00e0 celui du FMI.<\/p>\n<p>Pire encore, l&rsquo;\u00e9cart se creuse avec la Banque mondiale. Le sc\u00e9nario officiel parie sur 4,1% de croissance en 2026, quand la Banque mondiale retient un rythme de 3,5%, signe d&rsquo;un \u00e9cart d&rsquo;appr\u00e9ciation sur la vigueur de la reprise. Le storytelling politique se heurte \u00e0 la rigueur des mod\u00e8les \u00e9conom\u00e9triques. Les autorit\u00e9s vendent un envol ; les institutions de Washington, elles, parlent de r\u00e9silience \u2014 nuance de taille.<\/p>\n<p>Cette distorsion s&rsquo;inscrit dans un r\u00e9cit plus large. L&rsquo;Alg\u00e9rie aborde 2026 avec une ambition assum\u00e9e : viser le rang de premi\u00e8re \u00e9conomie d&rsquo;Afrique, apr\u00e8s un PIB proche de 280 milliards de dollars en 2025 et une croissance autour de 4%. Le projet repose sur un triptyque mis en avant par les autorit\u00e9s, production, autosuffisance, exportations hors hydrocarbures, pour desserrer l&rsquo;\u00e9tau d&rsquo;une d\u00e9pendance p\u00e9troli\u00e8re qui structure encore les comptes publics. Une ambition que l&rsquo;on peut qualifier, sans exc\u00e8s, de grandiloquente, tant elle reste loin des r\u00e9alit\u00e9s du terrain.<\/p>\n<p><strong>Un budget record\u2026 financ\u00e9 par un d\u00e9ficit abyssal<\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est sur le plan budg\u00e9taire que la dissonance devient la plus criante. L&rsquo;Alg\u00e9rie a adopt\u00e9 pour 2026 un budget historique de 135 milliards de dollars. Une somme colossale qui t\u00e9moigne d&rsquo;une volont\u00e9 de rupture : celle d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer la diversification \u00e9conomique, de r\u00e9pondre aux attentes sociales et de consolider la stabilit\u00e9 du pays dans un contexte r\u00e9gional mouvant.<\/p>\n<p>Mais \u00e0 quel prix ? Le point de tension macro-\u00e9conomique majeur r\u00e9side dans le d\u00e9ficit budg\u00e9taire. Chiffr\u00e9 \u00e0 \u201313,9 % du PIB en 2024 par le FMI \u2014 un niveau in\u00e9dit depuis la crise p\u00e9troli\u00e8re des ann\u00e9es 1980 \u2014 il devrait rester tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 en 2025 et 2026 selon la BAD (\u201314,4 % puis \u201314,5 %).<\/p>\n<p>Un d\u00e9ficit qui, faute de march\u00e9s obligataires profonds, se nourrit du syst\u00e8me bancaire domestique. Ce d\u00e9ficit est financ\u00e9 principalement par les banques publiques alg\u00e9riennes, ce qui cr\u00e9e un effet d&rsquo;\u00e9viction sur le financement du secteur priv\u00e9 et renforce l&rsquo;interd\u00e9pendance entre l&rsquo;\u00c9tat, les entreprises publiques et les banques. Le FMI a reclass\u00e9 le risque souverain alg\u00e9rien en cat\u00e9gorie \u00ab \u00e9lev\u00e9 \u00bb dans son rapport Article IV de septembre 2025. Un signal d&rsquo;alerte qu&rsquo;aucun discours officiel ne peut totalement masquer.<\/p>\n<h3 class=\"title\" style=\"text-align: center;\"><a spellcheck=\"false\" href=\"https:\/\/www.rahba.argotheme.com\/index.php\/2026\/03\/04\/developpement-algerie-fni-milliards-emergence-illusoire\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">D\u00e9veloppement en Alg\u00e9rie : quand les milliards du FNI ne suffisent pas \u00e0 b\u00e2tir l\u2019\u00e9mergence<\/a><\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9quation se complique par la chute des cours. Selon la BAD (rapport MEO 2026, avril 2026), le prix du baril de Sahara Blend est attendu \u00e0 65,8 USD en 2026, en baisse par rapport \u00e0 68,2 USD estim\u00e9s pour 2025 et 80,7 USD en 2024. La rente, principale b\u00e9quille du pays, s&rsquo;amenuise au moment o\u00f9 les d\u00e9penses explosent.<\/p>\n<p><strong>Quels secteurs portent r\u00e9ellement la croissance ?<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 y regarder de pr\u00e8s, la croissance r\u00e9vis\u00e9e \u00e0 la hausse repose sur une combinaison h\u00e9t\u00e9roclite de secteurs, dont certains profitent davantage de la conjoncture que d&rsquo;autres.<\/p>\n<p><strong>Les hydrocarbures, toujours en t\u00eate malgr\u00e9 tout.<\/strong> Le minist\u00e8re de l&rsquo;\u00c9nergie et des Mines a annonc\u00e9 une hausse de la production primaire des hydrocarbures en Alg\u00e9rie pour l&rsquo;ann\u00e9e 2026. Selon les pr\u00e9visions officielles, cette production atteindra environ 193 millions de tonnes \u00e9quivalent p\u00e9trole (TEP), soit une augmentation de 2 % par rapport \u00e0 2025. Les exportations d&rsquo;hydrocarbures ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9 31 milliards de dollars de recettes jusqu&rsquo;\u00e0 fin septembre 2025, tandis que les investissements sectoriels ont atteint 5 milliards de dollars sur la m\u00eame p\u00e9riode.<\/p>\n<p><strong>Une diversification r\u00e9elle mais in\u00e9gale. <\/strong>Quatre secteurs cl\u00e9s ont port\u00e9 cette croissance en volume : industrie (+6,4%), commerce (+6,7%), agriculture (+4,5%) et \u00e9lectricit\u00e9 et gaz (+9,7%). La croissance du PIB de l&rsquo;Alg\u00e9rie hors hydrocarbures s&rsquo;est \u00e9tablie \u00e0 5,3%, contre 4,4% au deuxi\u00e8me trimestre 2024. Cette \u00e9volution traduit les effets positifs des efforts de diversification engag\u00e9s en faveur d&rsquo;un d\u00e9veloppement \u00e9conomique moins d\u00e9pendant des hydrocarbures.<\/p>\n<p><strong>Industrie de substitution et grands chantiers miniers.<\/strong> L&rsquo;Alg\u00e9rie acc\u00e9l\u00e8re sur des fili\u00e8res o\u00f9 la substitution aux importations apporte un gain imm\u00e9diat, automobile, pharmacie, \u00e9lectronique, sid\u00e9rurgie. La strat\u00e9gie vise un double effet : r\u00e9duire la facture ext\u00e9rieure tout en alimentant des flux exportateurs hors hydrocarbures, devenus un indicateur politique autant qu&rsquo;\u00e9conomique. Plusieurs projets miniers majeurs avancent, dont la mine de fer de Gara Djebilet, le gisement de zinc-plomb de Oued Amizour et le complexe int\u00e9gr\u00e9 de phosphate \u00e0 Tebessa et Souk Ahras.<\/p>\n<p><strong>Agriculture saharienne et s\u00e9curit\u00e9 alimentaire.<\/strong> La dynamique s&rsquo;appuie sur des projets identifi\u00e9s : Baladna sur le lait, Bonifiche Ferraresi sur le bl\u00e9 saharien, et un effort de m\u00e9ga-stockage c\u00e9r\u00e9alier. L&rsquo;agriculture saharienne gagne en visibilit\u00e9, car elle sert la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et limite l&rsquo;exposition aux chocs de prix mondiaux.<\/p>\n<p><strong>March\u00e9 du travail.<\/strong> Le taux de ch\u00f4mage devrait reculer l\u00e9g\u00e8rement \u00e0 11,2%, port\u00e9 par les investissements publics et les projets industriels en cours. Un recul qui demeure modeste au regard de la pression d\u00e9mographique alg\u00e9rienne et des attentes d&rsquo;une jeunesse qui ne se contente plus de promesses.<\/p>\n<p><strong>Une vitrine fragile<\/strong><\/p>\n<p>Le tableau d&rsquo;ensemble n&rsquo;a donc rien du \u00ab miracle \u00bb que certains laudateurs voudraient brandir. La r\u00e9ussite de ce virage d\u00e9pendra de la capacit\u00e9 du pays \u00e0 r\u00e9former son climat des affaires et \u00e0 garantir la transparence des d\u00e9penses. Si elle parvient \u00e0 \u00e9quilibrer volontarisme politique et discipline budg\u00e9taire, l&rsquo;Alg\u00e9rie pourrait amorcer un tournant d\u00e9cisif. Dans le cas contraire, ce budget record restera une vitrine ambitieuse mais fragile d&rsquo;une transformation inachev\u00e9e.<\/p>\n<p>Le FMI lui-m\u00eame, derri\u00e8re la bonne nouvelle des 3,8 %, encourage la poursuite des r\u00e9formes structurelles, notamment pour am\u00e9liorer le climat des affaires, en facilitant l&rsquo;acc\u00e8s au financement et en \u0153uvrant \u00e0 capter davantage d&rsquo;investissements priv\u00e9s.<\/p>\n<p>En somme, la r\u00e9vision \u00e0 la hausse de la pr\u00e9vision de croissance n&rsquo;est ni un blanc-seing donn\u00e9 aux d\u00e9cideurs, ni la confirmation de leur narratif. C&rsquo;est un sursis offert par la conjoncture p\u00e9troli\u00e8re du Moyen-Orient en feu \u2014 un sursis qu&rsquo;il faudra mettre \u00e0 profit, faute de quoi le r\u00e9veil, lorsque le baril retombera durablement, sera particuli\u00e8rement brutal. Les 4,1 % promis par la loi de Finances ressemblent davantage \u00e0 un slogan politique qu&rsquo;\u00e0 une feuille de route. Et les Alg\u00e9riens, eux, attendent autre chose que des chiffres triomphants : du pouvoir d&rsquo;achat, de l&#8217;emploi qualifi\u00e9, et un \u00c9tat qui cesse de confondre rente et strat\u00e9gie.<\/p>\n<p><strong>Sources principales :<\/strong> Rapport WEO avril 2026 du FMI, d\u00e9p\u00eaches APS (14-15 avril 2026), Xinhua, et pages pays du FMI.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Embellie conjoncturelle due \u00e0 la guerre au Moyen-Orient de laquelle advient la hausse du prix du baril du p\u00e9trole. Les jeunes Alg\u00e9riens, confront\u00e9s \u00e0 un ch\u00f4mage structurel \u00e9lev\u00e9 et \u00e0 un manque criant de perspectives, m\u00e9ritent mieux qu\u2019une croissance dop\u00e9e par des guerres lointaines. 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